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Dans de nom­breux pays, les gens sont très serviables.

Safa­ri au Kenya, cam­ping en Aus­tra­lie, tra­ver­sée du Cana­da en cam­ping-car – c’est ain­si que Roland Bigler découvre le monde. Il est tou­jours accom­pa­gné de sa par­te­naire, de son fau­teuil rou­lant et de son Swiss-Trac, car cet homme de 55 ans est tétra­plé­gique. Sa pas­sion pour les voyages l’a fina­le­ment mené chez Glo­be­trot­ter, où il conseille les per­sonnes inté­res­sées sur les voyages indi­vi­duels accessibles. 

  • von Alexandra Frey
In vielen Ländern sind die Menschen sehr hilfsbereit - Die SAHB – Ihre unabhängige Beraterin und Dienstleisterin für Hilfsmittel in der Schweiz

Cultures, cou­leurs, par­fums, ani­maux, nature – le monde regorge de décou­vertes. Les sou­ve­nirs et les expé­riences vécues en voyage marquent et res­tent gra­vés dans le cœur. Les voyages indi­vi­duels vers des pays loin­tains sont éga­le­ment pos­sibles pour les per­sonnes en fau­teuil rou­lant. Roland Bigler, conseiller en voyages acces­sibles chez Glo­be­trot­ter, s’en­tre­tient avec Exma INFO. 

Pour­quoi recom­­man­­dez-vous les voyages d’a­ven­ture et les voyages indi­vi­duels aux per­sonnes en fau­teuil roulant ?
Voya­ger enri­chit ! Pour les per­sonnes en fau­teuil rou­lant, les vacances sont sou­vent déjà une aven­ture en soi. Il existe des entre­prises dans le monde entier qui pro­posent aux per­sonnes en fau­teuil rou­lant des expé­riences qui vont au-delà des voyages ordi­naires. Au Kenya et en Afrique du Sud, il y a des véhi­cules avec des rampes pour les fau­teuils rou­lants élec­triques. J’ai jus­qu’à pré­sent lais­sé une rampe sur chaque conti­nent, car les gens m’en ont construit une pour trois ou quatre marches. Qui sait, peut-être que ces rampes sont encore là aujourd’­hui et aident d’autres personnes. 

Ou que diriez-vous d’une balade à dos de cha­meau ? J’ai trou­vé un pres­ta­taire de cir­cuits et de voyages orga­ni­sés acces­sibles au Maroc. Il pro­pose éga­le­ment des balades à dos de cha­meau pour les per­sonnes en fau­teuil rou­lant. C’est pos­sible grâce à un siège spé­cia­le­ment conçu, qui est atta­ché sur le dos de l’a­ni­mal. Ain­si, même les tétra­plé­giques peuvent faire une excur­sion dans le désert et pas­ser la nuit sous tente. De telles expé­riences m’attirent. 

Vous êtes conseiller en voyages chez Glo­be­trot­ter. Com­ment en êtes-vous arri­vé là ? 
En 2012, j’ai pas­sé un an en Aus­tra­lie avec ma par­te­naire. Avant le voyage, j’a­vais démis­sion­né de mon emploi ; peu avant de ren­trer chez moi, l’i­dée m’est venue de tra­vailler dans une agence de voyages – une agence de voyages qui pro­pose des voyages indi­vi­duels acces­sibles. Encore en Aus­tra­lie, j’ai contac­té le PDG de Glo­be­trot­ter, et il a été ouvert à mon idée. Je tra­vaille main­te­nant comme conseiller en voyages depuis 2014 et j’ai déve­lop­pé une offre de conseil pour les voyages accessibles. 

Il est judi­cieux que les per­sonnes en fau­teuil rou­lant conseillent d’autres per­sonnes concer­nées. De plus, c’est plus cré­dible, car nous connais­sons des sujets que les per­sonnes valides n’ont pas à l’esprit. 

Dans de nombreux pays, les gens sont très serviables - La FSCMA – Votre conseillère et prestataire de services indépendante pour les moyens auxiliaires en Suisse 1 Dans de nombreux pays, les gens sont très serviables - La FSCMA – Votre conseillère et prestataire de services indépendante pour les moyens auxiliaires en Suisse

Image de gauche : Éten­due infi­nie et nature pure dans le parc pro­vin­cial d’I­schi­gua­las­to en Argentine.
Image de droite : À Buda­pest, il y a beau­coup à décou­vrir en fau­teuil rou­lant – comme le Palo­ma Arts­pace, depuis 2014 le foyer des créa­tifs hongrois.

Que faites-vous lorsque des per­sonnes inté­res­sées ont des appré­hen­sions à voya­ger loin ?
Alors je leur raconte mes expé­riences. Chez Glo­be­trot­ter, chaque conseiller et conseillère en voyages a un pro­fil en ligne avec des récits de voyage – moi aus­si. Les per­sonnes inté­res­sées peuvent y lire tout ce qui est pos­sible pour moi, où et com­ment je voyage. Que ce soit un safa­ri au Kenya, un voyage en cam­­ping-car à tra­vers le Cana­da ou en péniche à tra­vers Berlin. 

En Aus­tra­lie, ma par­te­naire et moi avons vécu sept mois sous tente. Bien sûr, ce n’est pas pos­sible pour tout le monde, mais on voit que beau­coup de choses sont pos­sibles même en fau­teuil rou­lant. Bien enten­du, chaque conseil est indi­vi­duel et le voyage dépend du type de limi­ta­tion de mobi­li­té. Le fait que la per­sonne voyage avec un fau­teuil rou­lant élec­trique ou manuel peut éga­le­ment jouer un rôle. Sur­tout si l’on dépend de l’aide d’au­trui. Un fau­teuil rou­lant élec­trique est lourd et ne peut pas être sou­le­vé dans un véhi­cule en cas de pro­blème tech­nique, par exemple. En revanche, un fau­teuil rou­lant manuel peut être faci­le­ment sou­le­vé et chargé. 

Sur Inter­net, des per­sonnes en fau­teuil rou­lant par­tagent leurs expé­riences de voyage sur leurs blogs. Une recherche en vaut la peine. 

Quelles offres ou des­ti­na­tions pour les per­sonnes en fau­teuil rou­lant pro­pose Globetrotter ?
Chez Glo­be­trot­ter, nous n’a­vons pas de cata­logue de voyages au sens clas­sique pour les voyages acces­sibles. Si quel­qu’un me contacte avec un sou­hait ou une idée de voyage, je recherche sur Inter­net s’il existe des offres et des prestataires. 

Un exemple : il y a quelques mois, une cliente vou­lait se rendre aux îles Galá­pa­gos avec son fils. Hon­nê­te­ment, je pen­sais que cela pour­rait être plu­tôt dif­fi­cile. Mais j’ai été détrom­pé. En Alle­magne, j’ai trou­vé un pres­ta­taire qui pro­pose des voyages acces­sibles aux îles Galá­pa­gos. Je l’ai contac­té. La mère et le fils y ont pas­sé trois semaines et ont été ravis. Jus­qu’à pré­sent, j’ai pu satis­faire presque tous les sou­haits de mes clients. 

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Froid, neige et balade en traî­neau à rennes en fau­teuil rou­lant en Finlande.
Le sol est boueux, les gens sont ser­viables – sans hési­ter, ils portent Roland Bigler à tra­vers le ter­rain acci­den­té au Kenya.

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Image de gauche : Sky­line, cou­cher de soleil – pour­quoi ne pas par­tir à Mia­mi et s’im­mer­ger dans la ville ?
Image de droite : Mer, falaises – la Nor­man­die a beau­coup à offrir. Comme ici à Fécamp. 

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Image de gauche : Comme dans les 1001 Nuits : la grande mos­quée du Sul­tan Qaboos, l’une des plus grandes mos­quées du monde et l’une des prin­ci­pales attrac­tions de Mascate.
Image de droite : Cuba est connue pour ses voi­tures anciennes colo­rées. Avec suf­fi­sam­ment de recherches, le pays peut éga­le­ment être visi­té en fau­teuil roulant. 

Les voyages en avion avec un fau­teuil rou­lant ont leurs pièges. Que doivent savoir les voya­geurs et com­ment se pré­pa­rer au mieux ?
Selon l’As­so­cia­tion du trans­port aérien inter­na­tio­nal (IATA), les com­pa­gnies aériennes sont tenues de trans­por­ter éga­le­ment les per­sonnes qui dépendent d’un fau­teuil rou­lant. De plus, les com­pa­gnies aériennes doivent aider à l’embarquement et au débar­que­ment. Bien sûr, un pas­sa­ger doit rem­plir cer­tains cri­tères. Par exemple, il doit pou­voir s’as­seoir droit sur un siège d’a­vion normal. 

Une dif­fi­cul­té est la toi­lette. Le per­son­nel de bord n’aide per­sonne à aller aux toi­lettes. Les per­sonnes atteintes de SEP ou, plus géné­ra­le­ment, celles qui ont encore une cer­taine capa­ci­té de marche peuvent se dépla­cer seules du fau­teuil rou­lant de cabine vers la petite cabine. Pour moi, cela signi­fie : une fois dans l’a­vion, je reste à ma place jus­qu’au débar­que­ment. J’u­ti­lise un cathé­ter et une poche à urine que ma par­te­naire vide pour moi. Il n’y a pas de meilleures options. 

Toutes les com­pa­gnies aériennes ont-elles les mêmes direc­tives concer­nant le trans­port des fau­teuils roulants ?
Autant que je sache, les direc­tives sont les mêmes par­tout. Les voya­geurs en fau­teuil rou­lant doivent enre­gis­trer leur fau­teuil rou­lant. Pour un fau­teuil rou­lant élec­trique ou un dis­po­si­tif de trac­tion, des infor­ma­tions sur le type de bat­te­rie sont éga­le­ment néces­saires. Le trans­port d’un fau­teuil rou­lant est gra­tuit. Il est impor­tant de tout faire confir­mer par écrit. 

J’é­tais une fois à Oman. Le vol aller s’est dérou­lé sans pro­blème, mais au retour, la même com­pa­gnie aérienne a sou­dai­ne­ment refu­sé de trans­por­ter le Swiss-Trac, bien que tout fût en ordre et que je voya­geais avec le même équi­pe­ment. Les voya­geurs en fau­teuil rou­lant devraient se pré­pa­rer à de tels scé­na­rios, res­ter flexibles et per­sé­vé­rants, et insis­ter sur leurs droits et les docu­ments confirmés. 

Y a‑t‑il des com­pa­gnies aériennes spé­ci­fiques que vous recom­man­dez par­ti­cu­liè­re­ment en rai­son de leur acces­si­bi­li­té et de leurs offres de soutien ?
À ma connais­sance, toutes les com­pa­gnies pro­posent à peu près la même offre acces­sible. Avec les com­pa­gnies aériennes suisses, on béné­fi­cie de l’a­van­tage du pays d’o­ri­gine et de la langue. Cela faci­lite la réso­lu­tion des difficultés. 

L’ac­ces­si­bi­li­té dans un pays du tiers monde, par exemple, n’est pas la même que chez nous, ne serait-ce qu’en rai­son de l’in­fra­struc­ture. Com­ment les voya­geurs doivent-ils se préparer ?
Mes clients sont tout à fait conscients qu’ils ne peuvent pas s’at­tendre à la même infra­struc­ture que chez nous dans d’autres pays, sur­tout s’ils partent vers des pays plus pauvres.

Il peut arri­ver par­tout qu’un ascen­seur ne fonc­tionne pas. Lors des tra­jets en train en dehors des grandes villes, il n’y a sou­vent pas de quais de plain-pied. Ou le per­son­nel d’une entre­prise de trans­port ne veut pas assu­mer la res­pon­sa­bi­li­té d’une per­sonne en fau­teuil rou­lant. Dans ce cas, on dépend de l’aide des autres voya­geurs. Mais ils sont géné­ra­le­ment heu­reux d’aider. 

Avez-vous des exemples ?
Lors d’un voyage de cinq semaines aux Fid­ji, nous avons fait une excur­sion sur une île. Le tra­jet en bateau a duré trois heures. Lors de la réser­va­tion, j’a­vais men­tion­né que j’u­ti­li­sais un fau­teuil rou­lant et que je ne pou­vais pas mon­ter les esca­liers. L’é­qui­page a dit que ce n’é­tait pas un pro­blème, qu’ils aide­raient – une décla­ra­tion qui laisse beau­coup de place à l’in­ter­pré­ta­tion. Sur le bateau, on m’a sou­le­vé déli­ca­te­ment de mon fau­teuil rou­lant. Arri­vé à l’île, le bateau ne pou­vait pas accos­ter à cause de la marée basse. Très natu­rel­le­ment, l’é­qui­page m’a por­té sur envi­ron 200 mètres à tra­vers l’eau peu pro­fonde. C’est ain­si que les habi­tants résolvent les situa­tions de manière spontanée. 

Quels conseils avez-vous pour se pro­té­ger des urgences médi­cales en voyage ?
Per­sonne ne peut se pro­té­ger de tout. Il est impor­tant d’a­voir suf­fi­sam­ment de maté­riel de rechange, les médi­ca­ments néces­saires ain­si que les médi­ca­ments d’ur­gence cou­rants sur soi. De plus, les voya­geurs devraient avoir une assu­rance rapa­trie­ment en cas d’urgence. 

Il est cer­tai­ne­ment judi­cieux de se ren­sei­gner au préa­lable auprès des auto­ri­tés locales, de l’or­ga­ni­sa­teur ou des habi­tants sur l’hô­pi­tal ou le cabi­net médi­cal le plus proche. Il est éga­le­ment utile de recher­cher à l’a­vance le numé­ro d’ur­gence du pays. 

Orga­­ni­­sez-vous un sou­tien et une assis­tance sur place pour vos clients ?
Mes clients voyagent tous avec une ou plu­sieurs per­sonnes accom­pa­gnantes. Ils se sentent plus à l’aise si une per­sonne de confiance prend en charge cer­taines tâches de soins. Une assis­tance par des étran­gers peut être déli­cate si la rela­tion inter­per­son­nelle ne fonc­tionne pas. À Tene­rife, par exemple, il existe une sorte de Spi­tex (ser­vices de soins à domi­cile). Si je connais de telles offres, je trans­mets les contacts aux per­sonnes inté­res­sées si néces­saire. Mais elles doivent orga­ni­ser le sou­tien elles-mêmes. 

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Voya­ger sans obs­tacles en Thaï­lande – ça marche à merveille.

Quel rôle jouent les contacts et réseaux locaux dans la pla­ni­fi­ca­tion des voyages ?
Acces­sible ou non : chez Glo­be­trot­ter, nous réser­vons les voyages exclu­si­ve­ment via d’autres orga­ni­sa­teurs ayant des contacts locaux. Nous avons une ligne d’as­sis­tance 24 heures sur 24. Si un signa­le­ment est reçu, j’in­forme l’or­ga­ni­sa­teur, et il coor­donne la suite. Lors des voyages en groupe, c’est plus simple, car il y a une per­sonne de contact sur place. 

Voya­ger en groupe ou de manière auto­nome : quels sont les avan­tages et les incon­vé­nients pour les per­sonnes en fau­teuil roulant ?
L’a­van­tage d’un voyage en groupe peut être de pou­voir par­ta­ger les expé­riences ou même les craintes, de se sou­te­nir mutuel­le­ment, de se moti­ver ou de don­ner des conseils. Per­son­nel­le­ment, je pré­fé­re­rais un petit groupe de deux ou trois per­sonnes en fau­teuil rou­lant, j’i­ma­gine que plus serait lourd – que ce soit pour le trans­fert à l’aé­ro­port ou pour les trans­ports dans le pays de vacances. Même une visite au res­tau­rant avec six fau­teuils rou­lants et plu­sieurs accom­pa­gna­teurs devient rapi­de­ment un défi d’es­pace pour le per­son­nel de la restauration. 

Quels moyens auxi­liaires, à part le fau­teuil rou­lant, empor­­tez-vous en voyage, et à quoi faut-il faire attention ?
En prin­cipe, je voyage selon la devise : « Moins, c’est plus. » Mon dis­po­si­tif de trac­tion, le Swiss-Trac, m’ac­com­pagne tou­jours. D’autres per­sonnes dépendent d’un fau­teuil rou­lant élec­trique et doivent l’emporter. Il faut tou­jours gar­der à l’es­prit qu’un appa­reil peut tom­ber en panne et qu’une répa­ra­tion peut être dif­fi­cile. Une telle panne peut signi­fier la fin d’un voyage. Ces craintes sont com­pré­hen­sibles, mais renon­cer à voya­ger pour cette rai­son serait regrettable. 

Pho­tos avec l’ai­mable auto­ri­sa­tion de Roland Bigler

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À pro­pos de la personne
Un plon­geon dans la mer a été fatal à Roland Bigler. Suite à un coup à la nuque, cau­sé par une vague, le jeune homme de 20 ans est deve­nu tétra­plé­gique. Le maçon de for­ma­tion est depuis para­ly­sé de la poi­trine vers le bas – il peut bou­ger ses bras de manière limi­tée, mais pas ses doigts. Roland Bigler a dû se recon­ver­tir pro­fes­sion­nel­le­ment et a sui­vi une for­ma­tion com­mer­ciale à la Fon­da­tion Schu­­lungs- und Wohn­heim Ross­feld à Berne. Il y a ensuite tra­vaillé dans l’in­for­ma­tique et la comp­ta­bi­li­té. Roland Bigler ne s’est jamais lais­sé empê­cher de voya­ger mal­gré son fau­teuil rou­lant. Ses expé­riences lui sont utiles dans ses conseils pour les voyages acces­sibles chez Globetrotter. 

Ses récits de voyage sont dis­po­nibles sur : globetrotter.ch/rbigler