Ou que diriez-vous d’une balade à dos de chameau ? J’ai trouvé un prestataire de circuits et de voyages organisés accessibles au Maroc. Il propose également des balades à dos de chameau pour les personnes en fauteuil roulant. C’est possible grâce à un siège spécialement conçu, qui est attaché sur le dos de l’animal. Ainsi, même les tétraplégiques peuvent faire une excursion dans le désert et passer la nuit sous tente. De telles expériences m’attirent.
Vous êtes conseiller en voyages chez Globetrotter. Comment en êtes-vous arrivé là ?
En 2012, j’ai passé un an en Australie avec ma partenaire. Avant le voyage, j’avais démissionné de mon emploi ; peu avant de rentrer chez moi, l’idée m’est venue de travailler dans une agence de voyages – une agence de voyages qui propose des voyages individuels accessibles. Encore en Australie, j’ai contacté le PDG de Globetrotter, et il a été ouvert à mon idée. Je travaille maintenant comme conseiller en voyages depuis 2014 et j’ai développé une offre de conseil pour les voyages accessibles.
Il est judicieux que les personnes en fauteuil roulant conseillent d’autres personnes concernées. De plus, c’est plus crédible, car nous connaissons des sujets que les personnes valides n’ont pas à l’esprit.

Image de gauche : Étendue infinie et nature pure dans le parc provincial d’Ischigualasto en Argentine.
Image de droite : À Budapest, il y a beaucoup à découvrir en fauteuil roulant – comme le Paloma Artspace, depuis 2014 le foyer des créatifs hongrois.
Que faites-vous lorsque des personnes intéressées ont des appréhensions à voyager loin ?
Alors je leur raconte mes expériences. Chez Globetrotter, chaque conseiller et conseillère en voyages a un profil en ligne avec des récits de voyage – moi aussi. Les personnes intéressées peuvent y lire tout ce qui est possible pour moi, où et comment je voyage. Que ce soit un safari au Kenya, un voyage en camping-car à travers le Canada ou en péniche à travers Berlin.
En Australie, ma partenaire et moi avons vécu sept mois sous tente. Bien sûr, ce n’est pas possible pour tout le monde, mais on voit que beaucoup de choses sont possibles même en fauteuil roulant. Bien entendu, chaque conseil est individuel et le voyage dépend du type de limitation de mobilité. Le fait que la personne voyage avec un fauteuil roulant électrique ou manuel peut également jouer un rôle. Surtout si l’on dépend de l’aide d’autrui. Un fauteuil roulant électrique est lourd et ne peut pas être soulevé dans un véhicule en cas de problème technique, par exemple. En revanche, un fauteuil roulant manuel peut être facilement soulevé et chargé.
Sur Internet, des personnes en fauteuil roulant partagent leurs expériences de voyage sur leurs blogs. Une recherche en vaut la peine.
Quelles offres ou destinations pour les personnes en fauteuil roulant propose Globetrotter ?
Chez Globetrotter, nous n’avons pas de catalogue de voyages au sens classique pour les voyages accessibles. Si quelqu’un me contacte avec un souhait ou une idée de voyage, je recherche sur Internet s’il existe des offres et des prestataires.
Un exemple : il y a quelques mois, une cliente voulait se rendre aux îles Galápagos avec son fils. Honnêtement, je pensais que cela pourrait être plutôt difficile. Mais j’ai été détrompé. En Allemagne, j’ai trouvé un prestataire qui propose des voyages accessibles aux îles Galápagos. Je l’ai contacté. La mère et le fils y ont passé trois semaines et ont été ravis. Jusqu’à présent, j’ai pu satisfaire presque tous les souhaits de mes clients.

Froid, neige et balade en traîneau à rennes en fauteuil roulant en Finlande.
Le sol est boueux, les gens sont serviables – sans hésiter, ils portent Roland Bigler à travers le terrain accidenté au Kenya.

Image de gauche : Skyline, coucher de soleil – pourquoi ne pas partir à Miami et s’immerger dans la ville ?
Image de droite : Mer, falaises – la Normandie a beaucoup à offrir. Comme ici à Fécamp.

Image de gauche : Comme dans les 1001 Nuits : la grande mosquée du Sultan Qaboos, l’une des plus grandes mosquées du monde et l’une des principales attractions de Mascate.
Image de droite : Cuba est connue pour ses voitures anciennes colorées. Avec suffisamment de recherches, le pays peut également être visité en fauteuil roulant.
Les voyages en avion avec un fauteuil roulant ont leurs pièges. Que doivent savoir les voyageurs et comment se préparer au mieux ?
Selon l’Association du transport aérien international (IATA), les compagnies aériennes sont tenues de transporter également les personnes qui dépendent d’un fauteuil roulant. De plus, les compagnies aériennes doivent aider à l’embarquement et au débarquement. Bien sûr, un passager doit remplir certains critères. Par exemple, il doit pouvoir s’asseoir droit sur un siège d’avion normal.
Une difficulté est la toilette. Le personnel de bord n’aide personne à aller aux toilettes. Les personnes atteintes de SEP ou, plus généralement, celles qui ont encore une certaine capacité de marche peuvent se déplacer seules du fauteuil roulant de cabine vers la petite cabine. Pour moi, cela signifie : une fois dans l’avion, je reste à ma place jusqu’au débarquement. J’utilise un cathéter et une poche à urine que ma partenaire vide pour moi. Il n’y a pas de meilleures options.
Toutes les compagnies aériennes ont-elles les mêmes directives concernant le transport des fauteuils roulants ?
Autant que je sache, les directives sont les mêmes partout. Les voyageurs en fauteuil roulant doivent enregistrer leur fauteuil roulant. Pour un fauteuil roulant électrique ou un dispositif de traction, des informations sur le type de batterie sont également nécessaires. Le transport d’un fauteuil roulant est gratuit. Il est important de tout faire confirmer par écrit.
J’étais une fois à Oman. Le vol aller s’est déroulé sans problème, mais au retour, la même compagnie aérienne a soudainement refusé de transporter le Swiss-Trac, bien que tout fût en ordre et que je voyageais avec le même équipement. Les voyageurs en fauteuil roulant devraient se préparer à de tels scénarios, rester flexibles et persévérants, et insister sur leurs droits et les documents confirmés.
Y a‑t‑il des compagnies aériennes spécifiques que vous recommandez particulièrement en raison de leur accessibilité et de leurs offres de soutien ?
À ma connaissance, toutes les compagnies proposent à peu près la même offre accessible. Avec les compagnies aériennes suisses, on bénéficie de l’avantage du pays d’origine et de la langue. Cela facilite la résolution des difficultés.
L’accessibilité dans un pays du tiers monde, par exemple, n’est pas la même que chez nous, ne serait-ce qu’en raison de l’infrastructure. Comment les voyageurs doivent-ils se préparer ?
Mes clients sont tout à fait conscients qu’ils ne peuvent pas s’attendre à la même infrastructure que chez nous dans d’autres pays, surtout s’ils partent vers des pays plus pauvres.
Il peut arriver partout qu’un ascenseur ne fonctionne pas. Lors des trajets en train en dehors des grandes villes, il n’y a souvent pas de quais de plain-pied. Ou le personnel d’une entreprise de transport ne veut pas assumer la responsabilité d’une personne en fauteuil roulant. Dans ce cas, on dépend de l’aide des autres voyageurs. Mais ils sont généralement heureux d’aider.
Avez-vous des exemples ?
Lors d’un voyage de cinq semaines aux Fidji, nous avons fait une excursion sur une île. Le trajet en bateau a duré trois heures. Lors de la réservation, j’avais mentionné que j’utilisais un fauteuil roulant et que je ne pouvais pas monter les escaliers. L’équipage a dit que ce n’était pas un problème, qu’ils aideraient – une déclaration qui laisse beaucoup de place à l’interprétation. Sur le bateau, on m’a soulevé délicatement de mon fauteuil roulant. Arrivé à l’île, le bateau ne pouvait pas accoster à cause de la marée basse. Très naturellement, l’équipage m’a porté sur environ 200 mètres à travers l’eau peu profonde. C’est ainsi que les habitants résolvent les situations de manière spontanée.
Quels conseils avez-vous pour se protéger des urgences médicales en voyage ?
Personne ne peut se protéger de tout. Il est important d’avoir suffisamment de matériel de rechange, les médicaments nécessaires ainsi que les médicaments d’urgence courants sur soi. De plus, les voyageurs devraient avoir une assurance rapatriement en cas d’urgence.
Il est certainement judicieux de se renseigner au préalable auprès des autorités locales, de l’organisateur ou des habitants sur l’hôpital ou le cabinet médical le plus proche. Il est également utile de rechercher à l’avance le numéro d’urgence du pays.
Organisez-vous un soutien et une assistance sur place pour vos clients ?
Mes clients voyagent tous avec une ou plusieurs personnes accompagnantes. Ils se sentent plus à l’aise si une personne de confiance prend en charge certaines tâches de soins. Une assistance par des étrangers peut être délicate si la relation interpersonnelle ne fonctionne pas. À Tenerife, par exemple, il existe une sorte de Spitex (services de soins à domicile). Si je connais de telles offres, je transmets les contacts aux personnes intéressées si nécessaire. Mais elles doivent organiser le soutien elles-mêmes.

Voyager sans obstacles en Thaïlande – ça marche à merveille.
Quel rôle jouent les contacts et réseaux locaux dans la planification des voyages ?
Accessible ou non : chez Globetrotter, nous réservons les voyages exclusivement via d’autres organisateurs ayant des contacts locaux. Nous avons une ligne d’assistance 24 heures sur 24. Si un signalement est reçu, j’informe l’organisateur, et il coordonne la suite. Lors des voyages en groupe, c’est plus simple, car il y a une personne de contact sur place.
Voyager en groupe ou de manière autonome : quels sont les avantages et les inconvénients pour les personnes en fauteuil roulant ?
L’avantage d’un voyage en groupe peut être de pouvoir partager les expériences ou même les craintes, de se soutenir mutuellement, de se motiver ou de donner des conseils. Personnellement, je préférerais un petit groupe de deux ou trois personnes en fauteuil roulant, j’imagine que plus serait lourd – que ce soit pour le transfert à l’aéroport ou pour les transports dans le pays de vacances. Même une visite au restaurant avec six fauteuils roulants et plusieurs accompagnateurs devient rapidement un défi d’espace pour le personnel de la restauration.
Quels moyens auxiliaires, à part le fauteuil roulant, emportez-vous en voyage, et à quoi faut-il faire attention ?
En principe, je voyage selon la devise : « Moins, c’est plus. » Mon dispositif de traction, le Swiss-Trac, m’accompagne toujours. D’autres personnes dépendent d’un fauteuil roulant électrique et doivent l’emporter. Il faut toujours garder à l’esprit qu’un appareil peut tomber en panne et qu’une réparation peut être difficile. Une telle panne peut signifier la fin d’un voyage. Ces craintes sont compréhensibles, mais renoncer à voyager pour cette raison serait regrettable.
Photos avec l’aimable autorisation de Roland Bigler
